Cela ne vous a pas échappé, ce terme a fleuri sur la toile un peu partout depuis quelque temps, suite à son abrogation par la FCC – L’équivalent de l’ARCEP outre-Atlantique – menée par Ajit Pai.

Un réseau neutre

On appelle réseau neutre, un dispositif de communication qui ne pratique aucune discrimination – au sens strict du terme – au regard du contenu, de la destination ou de la source de l’information transmise.

Dans la pratique, et c’est entre autres le cas en Union Européenne, un FAI ne peut par exemple privilégier l’accès (via e.g. des modifications de débits) à tel ou tel service proposé sur internet, pour des raisons d’ordres mercantiles.

C’est un principe très important qui semble évident, internet ayant été fondé sur cette idée même. Cependant, et depuis que les équipements réseaux sont capables de filtrer du contenu, ce principe a immédiatement été remis en cause.

Pourquoi c’est important ?

Eh bien imaginez par exemple le principe d’un internet à deux vitesses : un fournisseur d’accès, propriétaire d’un organe de presse, ou d’un service de streaming musical autorise à son client un débit maximum très confortable qu’il pourra utiliser sur les services susdits, mais qu’en contrepartie, cet opérateur bride, voire bloque l’accès aux services concurrents.

Cela semble un peu exagéré, et pourtant c’est précisément pour permettre ce genre de démarche que les opérateurs américains ne sont pas spécialement pour la neutralité du net.

En Europe

Sur notre bon vieux continent, cette fameuse neutralité est protégée par le droit européen (sous le nom de « Marché unique numérique »), et il semble à ce titre compliqué d’imaginer qu’elle puisse être remise en cause du jour au lendemain.

Neutralite du Net - Exemple
Source : La Quadrature du Net

C’est cette volonté d’universalité de l’accès à internet qui, en France, a permis de débloquer les usages qui étaient auparavant interdits sur nos forfaits data mobile, tel que les fonctions modem, ou l’accès aux newgroups ou au P2P

Un principe immuable ?

En principe, il serait compliqué de maintenir de manière effective cette neutralité. Les usages qui sont faits aujourd’hui de l’internet ne sont absolument pas comparables à ce qui se faisait au début du millénaire, entretemps nous avons vu naître les smartphones, l’internet des objets, les voitures connectées, pour ne citer que cela.

Si cette idée est conservée à son sens le plus strict, il serait impossible d’instaurer une « hiérarchie » (avec des gros guillemets) entre tous ces usages qui sont faits de l’internet aujourd’hui. Selon une étude de l’école polytechnique de Zurich, pas moins de 150 milliards d’objets seraient susceptibles de s’interconnecter d’ici 2025, il est naturel de penser qu’une montre connectée n’ait pas accès à la même qualité de service qu’un réseau d’automobiles intelligentes dans l’obligation de réagir le plus vite possible.

Pour conclure

Vous l’aurez compris, c’est un sujet plutôt épineux, et la réponse à tout ceci ne se trouve certainement pas dans cet article.

Avons-nous vraiment envie que ce soit notre opérateur qui choisisse si on est plutôt Deezer ou Spotify ? YouTube ou DailyMotion ? Clubic ou 01Net ? Et d’un autre côté, est-ce raisonnable de privilégier notre confort d’internaute par rapport aux applications plus critiques d’internet ? Moi je n’ai pas la réponse, mais gageons que je vous aurais fait un peu réfléchir !

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